L’opérateur Free a officiellement confirmé avoir été la cible d’une cyberattaque d’une ampleur historique en France. Ce piratage massif a entraîné l’intrusion d’un tiers non autorisé dans un outil de gestion, compromettant les données personnelles de millions d’abonnés et, pour une partie d’entre eux, des coordonnées bancaires hautement sensibles. Face à la gravité de la situation, l’entreprise a déposé plainte auprès du procureur de la République et notifié la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL).
Quelles sont les données personnelles dérobées lors de cette attaque ?
Le pirate informatique à l’origine de l’intrusion affirme avoir mis la main sur les informations de plus de 19 millions de comptes clients, soit la quasi-totalité de la base d’abonnés de l’opérateur mobile et fixe. Free a précisé les éléments qui ont été dérobés lors de cet accès illicite :
- Les noms, prénoms et adresses e-mail des abonnés.
- Les numéros de téléphone et adresses postales.
- Les dates et lieux de naissance.
- Les identifiants clients ainsi que les contrats d’abonnement.
- Pour environ 5,1 millions d’utilisateurs, les numéros de comptes bancaires au format IBAN.
L’opérateur a toutefois tenu à rassurer ses usagers sur un point crucial : aucun mot de passe, aucun contenu de message (SMS, e-mails) et aucune coordonnée de carte bancaire n’ont été compromis lors de cette opération.
Quels sont les risques réels avec un IBAN volé ?
La fuite de millions d’IBAN suscite une vive inquiétude chez les consommateurs. Contrairement à un numéro de carte bancaire, un IBAN seul ne permet pas d’effectuer des achats en ligne directs ou de retirer de l’argent. Toutefois, la combinaison de cet identifiant bancaire avec l’ensemble des données d’identité volées (nom, adresse, date de naissance, téléphone) ouvre la porte à plusieurs types de fraudes sophistiquées.
Le principal danger réside dans la mise en place de faux mandats de prélèvement SEPA. Même si les banques ont l’obligation de vérifier l’autorisation de prélèvement, des acteurs malveillants parviennent parfois à contourner ces contrôles. L’autre risque majeur concerne l’usurpation d’identité pour la souscription de contrats de services ou de crédits à la consommation.
Comment se prémunir contre les tentatives de fraude ?
Si vous faites partie des clients concernés, l’opérateur vous a normalement adressé une notification individuelle par e-mail. Pour sécuriser vos comptes et limiter les risques, plusieurs mesures immédiates doivent être adoptées :
- Surveillez vos comptes bancaires : Prenez l’habitude de vérifier régulièrement vos relevés de compte et signalez immédiatement à votre banque tout prélèvement suspect ou inconnu. Vous disposez d’un délai de 13 mois pour contester un prélèvement SEPA non autorisé.
- Méfiez-vous des appels et messages de phishing : Les pirates exploitent souvent ces bases de données pour mener des campagnes de phishing (hameçonnage) ultra-ciblées. Méfiez-vous des appels de personnes se faisant passer pour votre conseiller bancaire, la police ou le service client de Free. Ne transmettez jamais de codes de validation reçus par SMS.
- Renforcez la sécurité de vos identifiants : Bien que les mots de passe de l’espace abonné Free n’aient pas été volés, il reste fortement conseillé de modifier votre mot de passe par précaution, surtout si vous utilisez le même sur d’autres plateformes en ligne.