La marque d’eau minérale naturelle Volvic, filiale du groupe Danone, amorce une transformation industrielle majeure pour réduire son empreinte écologique. Après neuf années de recherche et développement, l’entreprise passe à des bouteilles conçues intégralement en plastique recyclé. Cette évolution stratégique s’accompagne d’une baisse significative de l’utilisation de matière plastique et d’investissements conséquents dans la modernisation de ses outils de production en Auvergne.
Un passage au plastique 100 % recyclé après neuf ans de recherche
Née en 1938, l’eau minérale de Volvic avait introduit sa première bouteille en plastique en 1969. Plus de cinquante-cinq ans plus tard, le site industriel auvergnat franchit une étape importante en abandonnant définitivement la matière vierge. Désormais, l’ensemble des flacons de la gamme est fabriqué exclusivement à partir de polymères recyclés (rPET), supprimant l’usage des granulés blancs issus du pétrole.
La transition a démarré dès 2016 avec les premiers essais d’intégration de matière recyclée dans la chaîne de moulage. En parallèle de cette modification chimique du matériau, la Société des Eaux de Volvic a retravaillé la structure même du contenant. Selon la direction du site, les nouvelles bouteilles intègrent 15 % de plastique en moins par rapport aux modèles équivalents produits en 2018, réduisant le poids unitaire des emballages mis sur le marché.
Un investissement industriel soutenu par l’ADEME
La reconversion des lignes d’assemblage a mobilisé un investissement total de 1,9 million d’euros. Cette enveloppe financière a permis de financer l’adaptation des machines de soufflage, l’ingénierie des procédés et les études de stabilité des nouveaux matériaux. Pour concrétiser ce projet, Volvic et Danone ont bénéficié d’une subvention de 547 000 euros attribuée par l’ADEME, l’Agence de la transition écologique.
L’accompagnement des pouvoirs publics s’explique par la dimension industrielle du site de production, qui fabrique environ 5 millions de bouteilles par jour. Grâce à l’élimination du plastique vierge et à l’allègement des contenants, l’entreprise estime que la modification de son procédé permet de réduire de 60 % l’empreinte carbone liée à la fabrication des bouteilles.
- Suppression de la matière fossile vierge : utilisation exclusive de granulés de PET recyclé.
- Réduction de la masse plastique : baisse de 15 % du poids de plastique par flacon comparativement à 2018.
- Impact carbone : diminution de 60 % des émissions de CO2 sur le cycle de fabrication des emballages.
Chaudière biomasse et recyclage de l’eau : les prochains chantiers
Ce changement de matériau ne constitue qu’une étape dans la feuille de route environnementale de l’embouteilleur. L’entreprise prévoit d’investir 5,5 millions d’euros supplémentaires pour installer une chaudière biomasse. Cet équipement industriel aura pour rôle de remplacer les générateurs fonctionnant au gaz naturel, réduisant ainsi la dépendance aux énergies fossiles pour faire tourner le site de production.
Parallèlement, la marque travaille sur l’optimisation des volumes d’eau consommés lors des phases d’exploitation. Un système interne de recyclage de l’eau de nettoyage et d’entretien est en cours de développement pour limiter les prélèvements d’eau technique, notamment lors du rinçage des cuves destinées aux eaux aromatisées. Figurant régulièrement aux premiers rangs des classements sur la composition minérale, comme l’a souligné 60 Millions de consommateurs, la marque cherche ainsi à aligner son outil industriel sur des exigences environnementales renforcées.