Un ancien complexe de lancement de missiles nucléaires Atlas F, érigé pendant la Guerre froide au Kansas, est désormais mis en vente sous la forme d’une habitation entièrement réaménagée. Mis à prix pour 1,6 million de dollars par la société Duckncover, LLC, ce bunker offre plus de 230 mètres carrés d’espace habitable souterrain à l’épreuve des frappes atomiques. Cette propriété atypique s’accompagne également d’avantages fiscaux particulièrement attractifs.
Du bunker militaire de la Guerre froide au loft souterrain
Implanté sur une parcelle de 7,3 hectares dans le comté de Dickinson, le complexe baptisé « North Star » tirait initialement son nom de l’étoile Polaire, utilisée par l’armée américaine pour étalonner les systèmes de navigation des missiles. Conçu à la fin des années 1950 sous l’impulsion du Pentagone pour rivaliser avec l’U.R.S.S., le site fait partie des 132 centres de lancement d’engins balistiques intercontinentaux construits par le Corps des ingénieurs de l’armée américaine.
Depuis la surface, la propriété se montre d’une sobriété extrême, entourée de barbelés et accessible via une unique porte en acier estampillée du panneau d’avertissement « Fallout Shelter ». Une fois franchi un tunnel de douze mètres et deux imposantes portes blindées de 3,2 tonnes chacune, l’ancien centre de contrôle de tir dévoile un loft de 230 mètres carrés répartis sur deux niveaux. Le logement abrite deux chambres, deux salles de bain, deux cuisines et une pièce de vie organisée en mezzanine autour d’une colonne centrale en béton.
Une ingénierie extrême au service de la sécurité
La structure globale a été conçue pour résister aux conditions les plus extrêmes. Le bâtiment repose sur une armature en acier de 600 tonnes enrobée de murs en béton époxy d’une épaisseur de près de deux mètres. Cet ensemble a été dimensionné pour encaisser les ondes de choc d’une explosion nucléaire à proximité immédiate ainsi que des vents violents atteignant 800 km/h.
Au-delà de l’espace de vie aménagé, le site abrite le silo d’origine, vidé de son missile Atlas F. Cette cavité plongeante atteint 55 mètres de profondeur pour un diamètre de 16 mètres, ce qui équivaut à un immeuble de 18 étages enfoui sous le sol. Selon le vendeur, chaque niveau représenterait environ 185 mètres carrés d’espace supplémentaire potentiellement exploitable.
Côté équipements techniques, l’installation est entièrement parée aux exigences modernes :
- Une alimentation électrique dédiée de 200 ampères ;
- Un système complet de contrôle d’humidité et d’assainissement de l’air ;
- Un double réseau de traitement des eaux usées en surface et en sous-sol ;
- Un répéteur de signal téléphonique et une connexion en fibre optique ;
- Une surface extérieure adaptée à l’installation de panneaux solaires ou d’éoliennes.
Un marché du bunker fortuné dopé par une fiscalité avantageuse
Outre son architecture défensive, la propriété bénéficie d’une spécificité fiscale locale particulièrement avantageuse. Dans le comté de Dickinson, les infrastructures situées sous la surface du sol sont totalement exonérées de taxe foncière. Seuls les éléments bâtis en surface font l’objet d’un prélèvement, ce qui réduit le montant de l’impôt foncier annuel à moins de 400 dollars. À titre de comparaison, une maison traditionnelle d’une valeur équivalente de 1,6 million de dollars supporterait une taxe foncière d’environ 23 000 dollars par an dans cette même zone.
Ce type de reconversion s’inscrit dans un marché florissant aux États-Unis, où d’anciens sites militaires sont transformés en résidences secondaires, hébergements touristiques ou refuges pour clientèle fortunée. Porté par l’engouement de la communauté survivaliste et l’intérêt prononcé de certains dirigeants du secteur technologique pour les abris sécurisés, l’immobilier souterrain s’impose désormais comme une niche haut de gamme résolument atypique.