Quelques mois seulement après la finalisation des spécifications du codec AV2 par l’Alliance for Open Media, les grands acteurs de la vidéo en ligne s’activent pour adopter ce nouveau format open source. Google mène déjà des tests de lecture de flux AV2 au sein de son navigateur Chrome et planifie l’arrivée des premières vidéos encodées en AV2 sur YouTube pour le début de l’année 2027. Ce successeur du format AV1 s’annonce comme une avancée clé pour la diffusion de contenus numériques sur le Web.
Un gain de compression de 30 % pour économiser la bande passante
Le codec AV2 apporte une amélioration majeure par rapport à l’AV1 : un gain d’efficacité de compression estimé à environ 30 %. Cette évolution permet d’alléger la consommation de bande passante sans altérer la qualité visuelle, ou d’offrir une meilleure définition vidéo sans augmenter les exigences de débit pour l’utilisateur final.
Cette transition s’appuie sur le succès de la génération précédente. Sur YouTube, le codec AV1 représentait déjà plus de 90 % du catalogue mesuré en temps de visionnage au mois de mars dernier. L’adoption de l’AV2 s’inscrit donc dans la continuité directe de cette stratégie d’optimisation des flux vidéo.
Google n’est pas le seul géant du Web à se tourner vers ce format. D’autres plateformes de premier plan telles que Netflix et Amazon Prime Video suivent attentivement l’évolution du projet. De son côté, Meta s’inscrit dans la même dynamique : le groupe utilise déjà l’AV1 comme format de diffusion principal sur Facebook et Instagram et prépare son passage ultérieur vers l’AV2.
Des fonctionnalités avancées et un écosystème logiciel en route
Le codec AV2 ne se limite pas à la seule réduction des débits réseau. Il intègre un ensemble d’innovations techniques adaptées aux nouveaux besoins des plateformes et des utilisateurs :
- Prise en charge native du multi-flux et du multi-vue.
- Compatibilité avec des fréquences d’images plus élevées.
- Optimisation poussée de la gestion du HDR (High Dynamic Range).
- Amélioration des performances dédiées à la visioconférence.
Pour accompagner cette transition, les outils logiciels s’organisent rapidement. Intel a dévoilé ses avancées sur la boîte à outils logicielle SVT-AV2, qui permet aux développeurs et aux créateurs de contenu d’encoder et d’évaluer des vidéos dans ce nouveau format. Du côté de la lecture, l’organisation VideoLAN, créatrice du lecteur VLC, développe activement son propre décodeur logiciel open source baptisé dav2d.
Le défi de l’intégration matérielle sur smartphones et PC
Si la partie logicielle progresse à un rythme soutenu, le calendrier reste plus incertain du côté des équipements physiques. L’Alliance for Open Media n’a pas encore fourni de calendrier précis pour l’intégration de blocs de décodage matériel de l’AV2 au cœur des processeurs et des cartes graphiques grand public.
En l’absence de puces dédiées dans les terminaux actuels, la lecture des premiers flux AV2 reposera sur un décodage entièrement logiciel exécuté par le processeur des smartphones et des ordinateurs. Les utilisateurs devront donc attendre les futures générations de composants informatiques pour bénéficier d’un décodage matériel optimisé et réduire l’impact énergétique lors de la lecture vidéo.