Tesla a dévoilé la version définitive de son Roadster, dont la commercialisation est désormais prévue pour 2028. Directement inspiré par l’ingénierie spatiale de SpaceX, ce bolide électrique embarque des innovations inédites, dont dix propulseurs à gaz froid et un système de succion sous le bas de caisse. Ces technologies permettent au véhicule d’effectuer des manœuvres aériennes et de franchir la barre du 0 à 100 km/h en seulement 0,81 seconde.
Le fonctionnement des propulseurs à gaz froid issus de SpaceX
Pour propulser et guider le véhicule dans les airs, Tesla a intégré un système de propulseurs à gaz froid développés avec les équipes de SpaceX. Contrairement aux moteurs de fusée traditionnels, ce dispositif ne repose sur aucune combustion thermique. Il fonctionne par la libération brutale d’un gaz neutre ou d’air fortement comprimé, stocké à plus de 700 bars dans des réservoirs composites de type COPV.
Lorsque le conducteur sollicite le système, des vannes ultra-rapides relâchent ce gaz à des vitesses supersoniques à travers des tuyères spécialisées. En vertu du principe d’action-réaction, la décharge produit une poussée instantanée. La fumée blanche observée lors des démonstrations ne provient pas d’une combustion, mais de la condensation rapide de l’air ambiant provoquée par le refroidissement extrême du gaz lors de sa détente.
Des performances extrêmes et un système d’aspiration au sol
La déclinaison « Rocket » du Roadster regroupe dix propulseurs répartis autour de la carrosserie afin de contrôler le tangage, le roulis et le lacet. Cette architecture assure la stabilisation en vol à la manière des systèmes de contrôle d’attitude des vaisseaux spatiaux. Ce niveau de poussée permet d’abattre le 0 à 100 km/h en 0,81 seconde, contre 1,9 seconde pour la version standard sans propulseurs.
En parallèle des capacités aériennes, le Roadster intègre un système d’aspiration sous le bas de caisse dès la finition Performance. Ces aspirateurs créent un effet ventouse qui plaque la voiture contre la chaussée, augmentant la tenue de route en courbe et permettant théoriquement de rouler sur des parois verticales ou à l’envers. Pour optimiser l’efficacité globale, le véhicule emploie une structure allégée en magnésium, titane et fibre de carbone, complétée par la peinture Ano White issue des fusées Falcon.
Autonomie, recharge du réservoir et contraintes d’utilisation
Sur le plan de la motorisation électrique classique, le Roadster embarque trois moteurs offrant une transmission intégrale, alimentés par une batterie de 200 kWh pour environ 480 km d’autonomie. Le réservoir d’air comprimé de 600 litres (pesant 250 kg à plein) se recharge en roulant en puisant l’énergie nécessaire dans la batterie principale pour faire fonctionner un compresseur embarqué.
Ces caractéristiques hors normes s’accompagnent de contraintes physiques et réglementaires strictes :
- Forces G subies : lors d’une accélération maximale, les passagers subissent une force de 3,4 G, soit l’impression de peser 3,4 fois leur poids corporel.
- Absence d’homologation routière : Tesla a confirmé que les fonctionnalités de vol de la version Rocket ne sont pas autorisées sur la voie publique.
- Pilotage autonome lors des tests : lors de la démonstration au Texas, c’est le robot humanoïde Optimus qui occupait le siège conducteur.