Samsung Display cherche à renouveler ses procédés de fabrication de dalles OLED afin de s’affranchir des masques métalliques traditionnels. La filiale du géant sud-coréen développe deux approches distinctes pour simplifier la production et réduire le gaspillage de composants organiques. Si ces technologies parviennent au stade industriel, elles pourraient déboucher sur une baisse significative du prix des écrans.
L’impression par jet d’encre et la technologie MPO à l’étude
Pour faire évoluer sa chaîne de production, Samsung Display explore d’abord la piste de l’OLED RGB imprimé par jet d’encre. Cette technique consiste à déposer directement les matériaux organiques émissifs rouges, verts et bleus aux emplacements exacts des sous-pixels. En se passant des masques métalliques fins jusqu’alors indispensables, la marque espère faciliter le traitement de grandes plaques de verre. Une telle méthode permettrait théoriquement de réduire les coûts de plus de 30 %, à condition d’obtenir des taux de rendement suffisants sur les futurs moniteurs et ordinateurs portables.
Parallèlement, le fabricant conçoit un prototype d’environ 7 pouces basé sur la technologie Micro Patterned OLED, aussi appelée MPO. Ce procédé emploie de microscopiques structures pour déposer la matière émissive de manière ciblée, sans nécessiter de gravure ultérieure. Samsung s’est notamment appuyé sur l’analyse de la dalle ViP du constructeur chinois Visionox pour nourrir ses recherches. Un premier échantillon technique basé sur la méthode MPO est attendu entre la fin de l’année 2026 et le début de l’année 2027.
Une concurrence chinoise et sud-coréenne déjà active
L’initiative de Samsung s’inscrit dans une course technologique globale où d’autres acteurs de l’affichage ont pris de l’avance. Le Chinois TCL CSOT commercialise déjà des dalles OLED imprimées que l’on retrouve dans certains appareils Lenovo et MSI. Pour accélérer sa production de masse, TCL investit également dans une ligne industrielle de génération 8.6 dédiée à ce procédé.
De son côté, LG Display prépare sa propre alternative baptisée FLiPP, une solution s’appuyant sur la photolithographie pour éliminer les masques métalliques. Samsung conserve néanmoins un savoir-faire précieux : l’entreprise maîtrise déjà l’impression à jet d’encre pour la conversion des couleurs sur ses écrans QD-OLED. Cependant, appliquer cette technique aux matériaux organiques émissifs impose des contraintes de précision et d’uniformité bien plus élevées.
Quel impact pour le prix final des écrans ?
L’abandon des masques métalliques répond à des enjeux d’efficacité et de coûts stratégiques pour l’ensemble du secteur. Les deux procédés étudiés par Samsung présentent des avantages théoriques majeurs pour la fabrication d’écrans :
- Une réduction théorique des coûts de production pouvant dépasser 30 % avec l’impression jet d’encre.
- Une diminution marquée du gaspillage des matériaux organiques émissifs lors du dépôt.
- Une simplification du traitement des dalles de grande taille destinées aux moniteurs et PC portables.
Bien que ces projets en soient encore au stade expérimental, leur concrétisation industrielle conditionnera les futures baisses de prix pour les consommateurs. Si les rendements se révèlent satisfaisants, les acheteurs de moniteurs et d’ordinateurs portables pourraient progressivement bénéficier de dalles OLED plus abordables dans les années à venir.